À la présidence de la Biscuiterie Jeannette depuis décembre 2025, Benoît Martinet poursuit la transformation d’une entreprise fondée en 1850. Arrivé en 2019, il a accompagné le redressement et doublé le chiffre d’affaires. Modernisation des outils, intégration de solutions d’IA et dynamique collective, sa feuille de route conjugue performance et croissance maîtrisée tout en préservant l’ADN normand.
Decathlon comme école, la Biscuiterie Jeannette comme terrain d’action
Le parcours de Benoît Martinet s’est façonné très tôt autour du terrain, du commerce et du contact humain. Après un baccalauréat technologique orienté vers l’électronique, il imagine d’abord travailler dans l’automatisation industrielle. Son orientation change lorsqu’il intègre Decathlon à 18 ans pour un job étudiant. Il y découvre un environnement qui deviendra structurant pour la suite : la relation client, le travail d’équipe et la dynamique du commerce.
Il décide alors d’engager son parcours vers les métiers du management et de la communication : un BTS Management des Unités Commerciales puis une licence en communication s’articulent étroitement avec son activité chez Decathlon, où il progresse rapidement. Après différents postes, il prend la direction du magasin de Caen-Rots à seulement 23 ans. Une étape qui concrétise un objectif qu’il s’était fixé dès le début : devenir l’un des plus jeunes directeurs de magasin en France.
C’est au sein de ce magasin qu’une rencontre déterminante va orienter son avenir en 2019. Il recrute un collaborateur, lié familialement à André Réol alors Président de la Biscuiterie Jeannette et qui mettra les deux hommes en relation. Cette rencontre marque le début d’un projet entrepreneurial commun et d’une transition majeure dans la carrière de Benoît Martinet.
Une prise de fonction qui vient redresser une situation mouvementée
Lorsqu’il rejoint l’aventure en 2019, l’entreprise sort à peine d’une décennie parmi les plus chaotiques de son histoire. Fondée en 1850, la Biscuiterie Jeannette a connu cinq liquidations judiciaires depuis sa création. Elle a traversé de nombreux changements de propriétaires, des fragilisations successives et plusieurs dépôts de bilan. La dernière liquidation intervient en 2013, après des années marquées par l’instabilité et un modèle industriel devenu difficile à maintenir.
À son arrivée en tant que directeur commercial, l’entreprise accuse encore plusieurs millions d’euros de pertes cumulées. Il s’engage dans un travail de fond mêlant modernisation, montée en gamme et structuration interne.
Une remise en mouvement qui le mènera naturellement à la présidence de la biscuiterie en décembre 2025.
Benoît Martinet, qui vient tout juste de s’engager seul dans un projet de près de 7 M€, a parallèlement conduit un important travail d’optimisation des outils de production de la biscuiterie. Sans bouleverser un équipement déjà récent, il a surtout misé sur l’intégration de nouvelles technologies, notamment des solutions d’intelligence artificielle dédiées à la planification et à la prévision des ventes. Ces outils permettent aujourd’hui à la biscuiterie d’anticiper plus finement ses cycles de production, de limiter le gaspillage alimentaire et d’optimiser la gestion des stocks, tout en préservant son savoir‑faire artisanal.
Depuis son arrivée, il a également doublé le chiffre d’affaires, passé de 2 M€ en 2019 à 4,6 M€ en 2025, avec un objectif de 5,1 M€ pour 2026.
Entre héritage et responsabilité
À moyen et long terme, Benoît Martinet souhaite poursuivre le développement de la Biscuiterie Jeannette tout en préservant son identité patrimoniale. L’entreprise, qui a célébré ses 175 ans l’an dernier, s’appuie sur une histoire forte guidant encore ses choix stratégiques : exigence de qualité, ancrage territorial et croissance maîtrisée. La transmission occupe une place essentielle dans sa vision : il imagine une entreprise solide et capable d’être transmise aux générations futures, peut-être un jour à ses enfants.
Son approche managériale repose sur la présence, la transparence et la responsabilité partagée. « Mes équipes peuvent compter sur moi, comme moi je peux compter sur elles », résume-t‑il. Ce modèle favorise un fonctionnement interne fluide, fondé sur la confiance et la solidarité.
Sa projection personnelle inclut également la recherche d’un équilibre, où la pratique sportive joue un rôle central. Discipline, constance et volonté de progresser y contribuent directement. Cet équilibre nourrit sa vision d’un leadership orienté vers l’ascendance collective et la clarté des objectifs.
En alliant développement maîtrisé, esprit d’équipe et culture de l’effort, Benoît Martinet inscrit sa présidence dans une dynamique stable, engagée et tournée vers l’avenir.
